Article paru dans Le Monde « Mesurer la qualité du travail »

Livre. Dans l’essai qu’elles coordonnent, la sociologue Alexandra Bidet et l’économiste Florence Jany-Catrice examinent l’exigence croissante en matière de qualité se manifestant par la multiplication des dispositifs visant à la quantifier.

LE MONDE ECONOMIE |  14.02.2018 à 09h29 • Mis à jour le 14.02.2018 à 09h33 |Par  Margherita Nasi

Livre. Consommateurs, travailleurs et citoyens apparaissent de plus en plus férus de données pour s’orienter entre différents produits, services et espaces professionnels. Des indicateurs aux processus d’audit en passant par les classements, les scores et les benchmarks, les employeurs s’efforcent de développer des dispositifs toujours plus sophistiqués pour rendre compte de la qualité du travail ou de la qualité au travail.

Comment comprendre ce souci de quantifier les qualités ? La profusion de ces dispositifs traduit-elle la difficulté à s’accorder sur ce qui fait la qualité ? Faut-il voir là seulement le signe d’une attente de plus en plus forte de contrôle ? Autant de questions abordées dans Quantifier les qualités, coordonné par Alexandra Bidet et Florence Jany-Catrice pour la Revue française de socio-économie.

L’ouvrage est composé de six articles, dont « la première des caractéristiques est la grande diversité des objets traversés par la quantification de la qualité », détaillent la sociologue et l’économiste. On passe de la qualité de la justice européenne à la qualité dans les établissements de santé, sans oublier celle de la médecine libérale ou encore le bien-être établi par une organisation internationale, la qualité de l’accompagnement à l’emploi, et enfin la qualité des bonbons au chocolat.

Invitation

Cette diversité d’objets témoigne d’un intérêt renouvelé des sciences sociales pour la question de la qualité, mais aussi d’un mouvement de « quantophrénie » dans les pratiques sociales et économiques, « où tout semble de facto de plus en plus soumis à la mesure ».

La diversité des objets étudiés s’accompagne d’une pluralité des perspectives pour en rendre compte. Les auteurs ont recours à la sociologie économique, de l’action publique à l’économie des conventions, ou encore à la philosophie pragmatiste pour appréhender les dispositifs de quantification de la qualité, leur élaboration et leur usage.

Ce dossier est une invitation à ouvrir les sciences sociales de l’économie à l’analyse des dispositifs et des activités de saisie et d’appréciation de la qualité. Cela déstabilise parfois les technologies orientées autour de la quantification des quantités. Pour le meilleur avec la prise en compte du bien-être multidimensionnel des populations. Mais aussi pour le pire : « Une homogénéisation factice et opaque des manières d’apprécier ce qui vaut dans le monde et dans nos expériences. »

Quantifier les qualités, ouvrage coordonné par Alexandra Bidet et Florence Jany-Catrice pour la « Revue française de socio-économie » (La Découverte, 258 pages, 25 euros).

Source : http://www.lemonde.fr/emploi/article/2018/02/14/mesurer-la-qualite-du-travail_5256590_1698637.html#HHFeYMwWB7kbCmRW.99

 

 

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