Ecouter la conférence : « les communs, nouveau mode d’action collectif ? »

Les communs nouveau mode d'action collectif

Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales « s’émanciper », la ChairESS vous propose de retrouver l’intégralité de la conférence du 28 mars sur « les communs, nouveau mode d’action collectif ? ».

 

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« Les communs, un enjeu politique pour l’ESS ? »

Séminaire du 17 juin 2016

14H00-17H30, Espace Baietto, MESHS Lille, 2 rue des canonniers 59000 Lille

 Cycle « Les initiatives solidaires en communs » Séance 4 Bilan

Cette séance est précédée le matin d’une Assemblée Générale de la Chambre Régionale en Economie Sociale et Solidaire Nord Pas de Calais Picardie.

 Problématique :

Après une première séance sur les nouvelles formes de coopération et les dynamiques contributives liées aux communs, une seconde séance sur les convergences entre ESS et communs à travers le cas des SCIC, et une troisième séance sur les apports de l’ESS aux communs, cette dernière séance du cycle « Les initiatives solidaires en communs » de la ChairESS Nord-Pas-de-Calais-Picardie sera dédiée au bilan des travaux de recherche de la Chaire et, plus généralement, à la question de l’enjeu politique que la thématique des communs peut représenter pour l’ESS.

Les organisations de l’ESS se saisissent-elles de la thématique des communs et, si oui, comment ? Les communs représentent-ils un avenir possible et souhaitable de transformation de l’ESS ? S’agit-il seulement de reconnaître des formes de proximité entre ESS et communs ? A quelles dimensions pratiques, concrètes, institutionnelles l’appropriation de la thématique des communs par l’ESS peut-elle aboutir ? Cette appropriation de la thématique des communs par l’ESS ne conduit-elle pas elle-même à réinterroger la perspective des communs pour définir une forme économique et politique originale que nous pourrions appeler « communs sociaux » ? C’est à ces questions que nous réfléchirons collectivement à partir de la réflexion d’acteurs de l’économie sociale et solidaire et de chercheurs.

 Programme de l’après-midi  Lire la suite « « Les communs, un enjeu politique pour l’ESS ? » »

ESS et communs : où en sommes-nous ?

Compte rendu Séminaire du 11 février 2016

Présentation par Gérard Dechy (ChairESS)

ESS et communs : où en sommes-nous ?

Ce séminaire est le troisième du genre (et avant-dernier), conformément à ce que nous avions décidé après avoir retenu les communs comme premier thème prioritaire d’étude de cette chaire, originale tant dans sa composition, interuniversitaire et interdisciplinaire que dans son fonctionnement et sa gouvernance qui associent chercheurs et acteurs.

Dans un premier temps, nous avons présenté des expériences de communs et découvert, pour certains d’entre nous dont je suis, les capacités insoupçonnées des communautés d’acteurs qui se réunissaient autour d’un projet qu’ils concevaient et amélioraient de façon continue. Découvert aussi que ces méthodes de travail, utilisées par exemple par 60 profs de maths de collège, pouvaient avoir raison des marottes et des blocages des Inspecteurs Généraux de l’Education Nationale comme des lobbies des éditeurs de manuels scolaires et séduire 2 millions de collégiens, avec ou sans accent circonflexe sur les i ou les u. Découvert encore qu’on était sur une autre approche que celle qui se préoccupe de la préservation des biens initialement communs comme la terre, l’air ou l’eau qui sont désormais marchandisés.

Ce faisant, on touchait du doigt de nouvelles façons de produire des richesses grâce à l’outil numérique mais aussi grâce à certaines formes de partage et de citoyenneté économique. On sentait bien aussi que statut ne valant pas vertu, tout ce qui relève apparemment des communs n’est pas forcément animé par ces mêmes objectifs. Et des initiatives développées dans le cadre de l’économie collaborative sont davantage basées sur le profit de quelques uns que sur des échanges équitables entre citoyens du monde. Communs et ESS ne vont donc pas de soi. Il convenait d’essayer d’y voir plus clair et de repérer les bons grains et l’ivraie.  Lire la suite « ESS et communs : où en sommes-nous ? »

Conférence-débat « Le retour des communs » avec Benjamin Coriat

L’Association pour une Economie Sociale et Solidaire (AESS-APIESS) en partenariat avec l’APES et Espace Marx vous propose d’assister à une conférence :

 
Benjamin CORIAT
Le retour des communs, la crise de l’idéologie propriétaire
le jeudi 14 janvier 2016, à 18h00 à l’Espace Marx de Lille
 

Description:
Six mois après la parution de l’ouvrage dont il a dirigé la publication, et alors que la notion des « communs » continue d’être au cœur des débats des mouvements alternatifs, l’Association pour l’Economie Sociale et Solidaire (AESS-APIESS – Lille 1) en partenariat avec l’APES et Espace Marx invite Benjamin Coriat à débattre du lien entre les communs et l’Economie Sociale et Solidaire.
Simon Sarazin, membre de l’ANIS sera également présent afin de discuter des formes que prennent les communs dans la pratique à travers son expérience dans le Collectif Catalyst, Unisson et à la Couroutine.
Invité:
¤ Benjamin CORIAT, économiste et professeur à l’Université de Paris 13 et membre du Comité d’animationdes Économistes Atterrés. Il a dirigé la publication de l’ouvrage Le Retour des Communs, la crise de l’idéologie propriétaire(Les Liens qui Libèrent, 2015).

 
Discutant:
¤ Simon SARAZIN, membre de l’ANIS, du Collectif Catalyst, d’Unisson et de la Couroutine.
Plus d’informations sur l’association et l’événement sur :
Association pour une Economie Sociale et Solidaire (AESS-APIESS)
C304, Bât. SH3, FSES, Université Lille 1

Contexte et état de l’art – Les communs – Pierre Sauvêtre

Extrait d’une recherche réalisée par Pierre Sauvêtre, Maître de Conférences en sociologie à Paris Nanterre, post-doctorant à la ChairESS sur 2015/2016 .

La multiplicité des crises fait surgir de nouvelles pratiques sociales de production, de consommation et d’échange et simultanément invite, même si la transition peine à trouver des repères théoriques convergents, à l’élaboration de nouveaux modèles. La socio économie des « communs » est une des manières d’explorer à la fois les pratiques sociales et de renouveler les cadres théoriques existants.

La notion de « commun » est relativement récente dans la recherche scientifique en France, même si elle connaît un développement rapide – ce qui pourrait être en soi l’objet d’une recherche. Ce sont les travaux d’Elinor Ostrom et de l’école d’Indiana, d’abord centrés sur les systèmes auto-organisés et autogouvernés de gestion des ressources naturelles, qui ont remis la notion de « commons » au goût du jour au début des années 1990 (Coriat, 2013). Par la suite, Elinor Ostrom et Charlotte Hess (2007), sous l’influence d’un groupe de juristes anglo-saxons (Lessig, Boyle, Benkler) impliqués dans la lutte contre les droits de propriété intellectuelle, ont été amenées à étendre leur modèle de « communs » (de systèmes auto-organisés de gestion des ressources, de gouvernance démocratique et de distribution des droits de propriété) aux communs immatériels (de l’information, de la connaissance, du numérique, et notamment d’internet), tandis que réciproquement le modèle des communs était intégré au mouvement des logiciels libres (Coriat et Broca, 2015). Après l’attribution du prix d’économie en mémoire d’Alfred Nobel en 2009 à Elinor Ostrom, les travaux sur les communs se sont multipliés, et ses héritiers ont poursuivi dans la veine consistant à asseoir essentiellement la possibilité des communs sur des ressources foncières ou informationnelles (Coriat et al, 2015). D’autres ont insisté sur la pertinence de ce modèle pour analyser les échanges économiques pair-à-pair sur internet (Bauwens, 2015).

Parallèlement, des voix critiques ont commencé à s’exprimer sur certains présupposés économiques de la théorie d’Ostrom, sur son libéralisme et l’impensé du rôle conféré à l’Etat (Baron, Petit et Romagnan, 2011), sur le naturalisme de sa théorie des biens issue de l’économie standard (Dardot et Laval, 2014 ; Laval et Laville, 2014) faisant des communs des formes institutionnelles compatibles avec l’économie dominante et dans le même temps des espaces éthérés, à l’écart des rapports de force produits par les logiques socio-économiques et assis sur une vision idéalisée de la communauté (Schweizer, 2013), négligeant les rapports de pouvoir et également les effets de ce que Jean-Louis Laville et Renaud Sainsaulieu nomment l’ « isomorphisme institutionnel » (Laville et Sainsaulieu, 2013).

Dans le même temps, différents phénomènes et processus socio-politiques ont transformé la compréhension des communs. Ainsi, par le truchement des crises économiques et d’une manière d’envisager autrement les logiques de gouvernance, une dynamique sociale coopérative nouvelle semble émerger non seulement dans le domaine de la production (augmentation du nombre des SCOP et des SCIC), mais aussi dans la consommation (coopératives de consommation), dans le logement (habitats coopératifs, couch surfing), dans les services à la personne (co-voiturage), ou encore dans des systèmes d’échanges non marchands en tous genres, s’appuyant souvent sur le développement des nouvelles technologies numériques.

Certains chercheurs y décèlent des convergences entre l’économie solidaire et les communs (Nyssens et Petrella, 2015), quand d’autres préfèrent voir dans cette dynamique coopérative le retour à un « sens du social » sur laquelle la notion de « commun » ferait l’impasse (Fischbach, 2015). D’autres encore – sous l’impulsion du « mouvement des places » qui a fait émerger la notion de « communs urbains » (Festa, 2015) et de l’appropriation de cette notion de communs (ou de biens communs), notamment par des mouvements politiques et des luttes sociales, que ce soit en Bolivie, en Italie, en Espagne, aux Etats-Unis ou en Grèce (Sauvêtre, 2016) – font du commun un principe de refondation du politique et de la démocratie reposant sur la co-participation et la co-décision, non sans en même temps souligner tout ce qui relie une telle notion à l’héritage associationniste et mutualiste du mouvement ouvrier (Dardot et Laval, 2014) dont l’économie sociale et solidaire est elle-même l’héritière (Laville, 2010).